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La crise économique : comment la crise économique peut-elle devenir une opportunité pour conquérir les nouveaux espaces de développement ?
La crise économique est un terme en vogue marquant l'originalité d'aujourd'hui et déplorant les malheurs du temps. La crise économique est partout, c'est pourquoi elle n'est nulle part. Elle se reproduit sans cesse. Où commence-t-elle, où s'arrête-t-elle ? Comment la saisir ? Et si la crise économique était insaisissable parce qu'elle siège au centre de l'espace mental de l'homme. N'est-il pas nécessaire de la circonscrire, n’est-ce-pas la condition préalable à toute action ? Ne devons-nous pas avant tout nous préoccuper de la façon dont nous pensons, de la manière dont nous agissons ? L'économie est une création de l'homme, comment pourrait-elle alors se permettre de faire autant de misères à ce dernier ?
C'est une évidence pour le moment inutile mais dont l'oubli systématique doit pourtant devenir sujet de réflexion au quotidien. Pourquoi autant de managers ont si peur de l'avenir ? En répondant à ces questions, vous approcherez peut-être le sens et l'ambiguïté de notre temps. La crise économique est à la fois insaisissable et fondamentale, elle nous submerge. Elle ne se prête nullement à des analyses rationnelles et vérifiables. Il est inutile d'espérer y échapper à la crise économique, pour la maîtriser. On ne peut en parler de façon crédible que de son propre espace intérieur. Pour canaliser la crise économique, il faut se conduire avec elle, avec beaucoup de sagesse et d'humilité. Dans cette démarche la seule arme sera notre intuition, l'audace, l'intelligence, le discernement.
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La crise économique n'a pas commencé aujourd'hui
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Nous sommes condamnés à avancer dans l'approximatif. Ce qui se produit aujourd'hui est l'aboutissement d'un long processus. A bien des égards, la situation actuelle est plus médiocre mais moins tragique que d'autres qui l'ont précédé. Pourtant elle a le caractère d'un rendez-vous historique. Avant il était trop tôt pour agir, demain, il sera peut être trop tard. La crise économique dans laquelle nous sommes engloutis ne ressemble à aucune autre. Singulière, elle l'est d'abord en raison d'une mutation matérielle, mentale, technologique, inconcevable, même dans un passé proche. Tout a été bouleversé et tout est sans cesse bouleversé : les paysages économiques, sociaux, culturels, sans oublier l'homme lui-même dans ses représentations, ses modes de vie, son esprit et même son corps.
Cet homme est soi disant l'acteur de ce changement, mais le rythme de celui-ci est tellement vertigineux qu'il est vécu comme une fatalité. La destruction massive et ordonnée de ce qu'il était suscite en lui un sentiment de déchéance. Ce changement perpétuel fait perdre aux cadres la capacité d'imaginer et d'organiser l'avenir. Aujourd'hui ils ont la certitude de ne plus en avoir la maîtrise. Séparés du temps passé et du futur, ils sont bien devenus les orphelins du temps. La masse d'informations qui grandit à un rythme fou aggrave le manque de confiance en soi. Les signes positifs s'inversent en signes négatifs. Les valeurs qui ont porté la civilisation « moderniste » sont discréditées voire corrompues par celle-ci.
La souveraineté exagérée de l'homme conduit à la destruction de son identité. Mais en raison de la détérioration des valeurs universelles et de l'impossibilité d'en inventer de nouvelles, l'accord avec la réalité ne s'opère plus. D'où ce malaise, expression de la difficulté de l'homme ordinaire non seulement à assumer ses actes, mais aussi à les comprendre. Les leaders sont les meilleurs témoins, ils révèlent ce que les médias et les technocrates dissimulent. L'élite bien pensante, pour exercer sa position devenue prééminente de fonctionnaires de la vérité, a abandonné la règle de relativisation et le devoir d'expérimentation. |
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Les informations et la crise économique
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L'homme ordinaire est désormais plus nourri d'images fabriquées par les idéologies décadentes que de celles provenant de sa réflexion et de son expérience. La simulation est devenue son mode de compréhension et sa proclamation d'identité. Par manque d'un leadership puissant, la crise dite économique accélère le doute et le malaise. Le processus communicatif qui détermine le comportement social des hommes a fini par fonctionner en circuit fermé. Il s'agit de communiquer à tout prix. Le message est devenu plus important que son contenu. Les dirigeants eux-mêmes sont submergés par la communication. Ils sont de plus en plus contraints à transmettre les signaux contradictoires et à l'occasion ridicules. L'exigence de dire tout et sans cesse revient à dire n'importe quoi.
Cette avalanche d'informations ne peut pas être maîtrisée, ce qui entraîne un effondrement des facultés du jugement. Face à cela l'homme ordinaire est à la recherche de consolations, de divertissements, de remèdes. D'où cette demande d'assistance qui devient une représentation névrotique du travail et des loisirs, un mélange de socialisation extrême et de solitude désespérée. Les cohortes de chômeurs ne sont que l'image la plus spectaculaire des effets contradictoires. Des masses d'hommes et de femmes sont réduites à l'assistanat et au parasitisme rémunéré. Le culte du métier est un des rares brevets d'identités à la fois individuel et social.
Mais cette condition est souvent mal vécue par beaucoup de nos contemporains, le travail est perçu comme une contrainte insupportable. D'où la glorification des loisirs en tant que récompense du bon travail et compensation du mauvais. Le couple travail-vacances est une des plus sinistres inventions de notre temps. Les loisirs ont pris une importance démesurée, ils sont en train de créer plus d'emplois que l'industrie. Il s'agit d'une obligation où l'homme ordinaire n'est souvent pas plus à l'aise que dans son travail. Ce qui explique ce va et vient névrotique entre ces deux espace-temps. Pendant la période de croissance les cadres pouvaient s'octroyer des largesses, ils faisaient quasiment ce que bon leur semblait. |
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La crise économique et la confiance aveugle
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Une confiance aveugle et absurde s'est installée du fait que les marchés étaient presque systématiquement assurés. Tous ceux qui ont évolué dans ce contexte d'opulence n'ont en réalité jamais connu de difficultés. Les cadres dirigeants passaient la majeure partie de leur temps à concevoir des plans à long terme et à réfléchir comment répartir les bénéfices entre les actionnaires. Il s'agissait bien non de la création mais de la distribution de richesses qui constituait l'obsession dominante à cette époque. Mais à l'arrivée de temps plus durs, un nombre non négligeable de cadres a eu du mal à s'adapter. Cela fut pour eux un choc sans précédent de constater que ce qui faisait leur succès, devenait brusquement obstacle majeur.
Les marchés se sont effondrés et tout a commencé à évoluer si rapidement que les managers ne pouvaient plus compter ni sur leurs méthodes de travail, ni sur leurs hommes, ni sur leurs stratégies. Bref, ils n'ont eu ni le temps ni les ressources pour se préparer à la maîtrise des changements. Aujourd'hui les leaders doivent être à la hauteur des enjeux. Ce n'est plus l'économie qui fait vivre l'entreprise, c'est l'entreprise qui relance l'économie. Mais cette crise qui n'a d'économique que le nom nous émet des signaux d'un fantastique manque de confiance en soi, aussi bien des personnes que des entreprises. De la part surtout de celles qui considéraient le marché comme une fatalité à laquelle il fallait absolument s'adapter.
Certains managers ont oublié un peu vite que l'offre peut aussi créer la demande, que la passion du métier créé le besoin, que l'intérêt pour le client créé le marché, que l'accomplissement des hommes créé la motivation. Avant que cette éthique puisse être ressuscitée, les managers doivent trouver le moyen d'instaurer sur le lieu de travail la notion de plaisir. Il est temps de redécouvrir qu'il est naturel de prendre à cœur son métier et que ce sentiment est partagé par beaucoup d'hommes et de femmes. |
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Leadership face à la crise économique
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Pour que cette idée puisse devenir réalité, nous avons besoin de leaders capables de déclencher cet enthousiasme et cet élan. Apparemment les cadres du passé ont oublié ce que signifie ce plaisir car les affaires sont devenues pour eux d'un ennui mortifère. Encore aujourd'hui, nombreux sont ceux qui sont sincèrement persuadés qu'un collaborateur qui travaille dans la bonne humeur est nécessairement un paresseux. Alors ils l'interpellent en exigeant un peu plus de sérieux ! Voilà où l'on en est aujourd'hui après avoir désappris l'usage du leadership. A l'école primaire on tente encore vainement d'enseigner la soumission. Quant aux grandes écoles d'affaires, elles ne font que peaufiner l'apprentissage de la conformité. Les enseignements obsédés par les systèmes, tuent les idées créatrices et détruisent les jugements des hommes. D'ailleurs comment peut-on développer ses facultés de jugement sans les exercer ?
Depuis que l'entreprise a développé son côté gestion et organisation, nous avons gagné en efficacité mais en perdant imagination, combativité et confiance en soi. Aussi la peur s'installe-t-elle durablement dans les esprits. On n'ose plus rêver, s'imaginer ailleurs et autrement. Le verbe « mener » implique l'idée d'aller là où l'on n'est jamais allé et surtout d'être autrement. Alors comment envisager être un meneur sans avoir un endroit où se rendre ? Il ne s'agit nullement de sous-estimer la valeur des cadres gestionnaires, ni leur expertise. Nous avons besoin d'une gestion efficace pour assurer le bon fonctionnement de nos entreprises. L'essentiel est d'instaurer un équilibre. Pour le conquérir les cadres doivent consolider leur force de leadership au sein des équipes. Un leadership affirmé incite automatiquement les collaborateurs à agir et produit l'étincelle qui déclenche la motivation collective. Rien de réellement conséquent ne peut se produire autrement.
Les collaborateurs chargés de l'exécution sont les seuls à pouvoir transformer cette motivation collective en travail fructueux et passionnant. Le défi que l'on lance aux cadres consiste à faire revenir le culte du métier et l'esprit d'initiative à tous les niveaux de l'organisation. Ce sont les leaders qui doivent encourager l'imagination et développer le talent des collaborateurs au lieu de les considérer comme de pauvres nuls abrutis. Alors comment se servir de cette crise d'identité pour préparer une autre formule qui la surmonterait ?
La préparation à une relève de la pensée et de l'action se fera avec une boussole et un leadership suffisamment puissant pour extraire les hommes de la fatalité. Le préalable le plus dur sera de rompre avec l'aliénation aux idéologies dominantes et aux valeurs factices. Il nous faudra apprendre à vivre avec l'incertitude, à savoir que tout acte rationnel peut s'avérer aussi déraisonnable. L'ensemble de notre système de valeurs doit être remanié au sein de nos organisations. Il faut se tenir à cette donnée fondamentale et vivre avec elle. C'est ce présent qui est notre sort, à nous maintenant de le transformer en opportunité du début du troisième millénaire.
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